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Epreuve d'Histoire : ce qu'on ne vous dit pas assez

Epreuve d'Histoire : ce qu'on ne vous dit pas assez

 

Article écrit par Emilie Lechevalier, auteure du blog integrersciencespo.net et du livre Je vais vous apprendre à intégrer Sciences Po.

 

L’histoire est la matière du concours d’entrée en première année où le fossé entre les exigences du bac et celles des épreuves des IEP est le plus grand. L’épreuve d’histoire est certainement celle qui va vous demander le plus de travail. En effet, pour maitriser l’histoire du XXe siècle (ou, si vous ne passez que le concours commun, seulement la seconde partie du siècle), il faudra impérativement que vous :

  • Appreniez à maîtriser une méthode de problématisation et d’élaboration d’un plan, nouvelle pour vous et bien plus exigeante que celle de terminale,

  • Maitrisiez les nombreuses connaissances de cette période. Elles vous permettront de traiter des sujets avec bien plus de précision que pour le baccalauréat.

 

1. Vous serez noté sur votre capacité à problématiser

Vous vous en doutez, les exigences du bac et du concours diffèrent en termes de niveau exigé, mais aussi en termes de nature de l’épreuve. Qu’entend-on par là ? Au baccalauréat, vous serez largement récompensé si vous présentez un savoir encyclopédique en réponse à un sujet donné. Compiler les connaissances pour « en mettre plein la vue » au correcteur est donc une stratégie qui se tient pour obtenir une bonne note.

 

Au concours, adopter la même stratégie conduira inévitablement à une note décevante. Ce que l’on vous demande, c’est de problématiser. Il est très important que vous compreniez qu’il est nécessaire de renverser votre logique, parce qu’une défaillance à ce niveau est chaque année responsable de notes calamiteuses.

 

Retenez donc ceci : pour Sciences-Po, les faits ne sont là que pour illustrer l’argumentation, ils ne sont jamais une fin en soi. Le point central est l’argumentation que vous faites pour étayer une réponse à votre problématique. Cette dernière ne peut exister que si vous acceptez de jouer le jeu, c’est-à-dire de réfléchir sur le sujet qui vous est proposé.

 

Que disent les membres du jury sur ce point ?

« Il faut s’interroger en profondeur sur le sujet posé, ne pas se lancer sans réflexion dans une récitation de leçons de terminale correspondant à la période du sujet. » Rapport du Jury, Concours Commun, Histoire, 2013

 

« [Ce que les jurys veulent, c’est] un devoir qui tient compte de [...] la nécessité d’incarner et d’argumenter (en fournissant faits datés, données chiffrées, situations, noms d’acteurs individuels, de lieux, de firmes...). Les copies correctement illustrées et fournissant des données précises sont rares et donc valorisées. » Rapport du Jury, Sciences-Po Paris, Histoire, 2015

 

Si vous refusez de voir cette nouvelle réalité́, vous vous condamnez à être éjecté de la course à l’intégration, quelle que soit votre valeur. Énormément d’élèves, même parmi les très bons éléments, se discréditent chaque année à cause de cela. Mais quelque part... tant mieux pour ceux qui savent !

Car le corollaire de tout cela, c’est que si vous vous appropriez ces nouveaux codes. Vous pourrez vous placer dans le haut du panier sans fournir un effort immense. Pour le moment, retenez une chose : il est crucial que vous vous forciez à changer vos habitudes.

 

2. Ne vous limitez pas à l’apprentissage des faits

L’importance que l’on a naturellement tendance à accorder aux faits historiques fait souvent oublier l’existence d’un autre type de connaissance pourtant essentiel : les théories historiques, c’est-à- dire l’explication de l’histoire.

 

Vous devez, durant votre année, vous procurer quelques « clefs d’analyses », c’est-à-dire, au-delà des simples faits, une maîtrise basique de différentes théories qui encadrent les grands enjeux et mouvements du siècle. Cela ne veut pas dire qu’il est contre-productif de connaître une grande quantité d’évènements d’une période, mais que l’un ne va pas sans l’autre.

 

En effet, selon les termes mêmes des jurys, il faudra que vous connaissiez à la fois « les clefs d’analyse générale » et « les faits majeurs » des périodes concernées. La grande majorité́ des candidats consacre tout leur temps à l’un et délaisse l’autre. Et comment leur jeter la pierre tant cette méthode d’apprentissage est valorisée au lycée ? Il vous incombe donc de rétablir ce déséquilibre.

 

N’oubliez donc pas de :

connaître les enjeux. C’est-à-dire les rapports de force, les tensions directrices qui ont guidé le siècle. En un mot la théorie, par opposition aux faits. La lecture du livre de René Rémond le XXe siècle est pour cela un passage obligé.

connaître des sources primaires et secondaires. Les sources primaires sont les documents du passé (par exemple l’Appel du 18 juin, l’affiche rouge, une photographie connue de la chute du mur de Berlin, etc...). Les sources secondaires sont, quant à elles, les commentaires de l’histoire, les ouvrages d’historiens fondés sur les sources primaires. Alterner entre ces deux types de sources dans vos copies apporte une plus-value non négligeable.

 

En effet, cela vous permet de jouir d’exemples originaux pour appuyer vos arguments, mais montre également que vous êtes entré au cœur du sujet et que vous avez abordé les thèmes avec une véritable approche d’historien (travail sur les sources d’époque et sur les commentaires universitaires). Vous devez donc, tout au long de votre préparation, vous construire ce bagage constitué des sources primaires et secondaires.

 

Que disent les membres du jury à ce sujet ?

« [Il faut impérativement] travailler la réflexion et pas seulement l’apprentissage par cœur et la récitation. » - Rapport du Jury, Concours Commun, Histoire, 2013

 

3. Votre copie doit aussi être un élément de votre candidature : il faut y démontrer implicitement motivation et votre maturité́

Évidemment, le but affiché de l’épreuve d’histoire est d’évaluer dans quelle mesure vous savez réfléchir sur un sujet historique. Notez cependant que ce n’est pas là le seul intérêt de cette épreuve... ce qui n’est pas surprenant dans un concours qui se veut sélectif !

En effet, vous seriez bien avisé de considérer votre copie comme un élément implicite de votre candidature, où vous démontrez habilement certaines des qualités essentielles recherchées chez les futurs admis. Les objectifs de l’épreuve d’histoire sont donc de :

démontrer votre motivation : c’est l’occasion rêvée, dans la mesure où votre prestation montrera clairement si vous avez su faire preuve d’initiative en ayant travaillé́ par vous-même, ou si vous êtes seulement venu avec vos connaissances acquises au lycée. Si vous travaillez sérieusement cette matière, il sera facile de vous démarquer d’un élève venu « les mains dans les poches » : vous montrez ainsi que vous êtes prêt à passer du temps sur quelque chose qui vous tient à cœur,

montrer que vous savez vous exprimer. Dans votre copie, les correcteurs chercheront donc à savoir si vous savez : aller à l’essentiel dans votre expression et organiser clairement vos connaissances,

montrer que vous portez un regard critique sur les choses. Vous devez montrer une certaine maturité́ dans vos propos en prenant du recul. Attention : avoir un regard critique ne signifie absolument pas donner son avis. Dire que Staline est un sale type, c’est donner son avis (ce qui est clairement à éviter). Dire que ses discours sont des discours de propagande qui utilisent tel levier et tel levier pour arriver à ses fins c’est avoir un regard critique (ce que le correcteur attend de votre part).

Porter un regard critique signifie donc présenter une réflexion personnelle, ce qui implique de ne pas plaquer dans votre copie des idées toutes faites ou des parties entières de votre cours. La récitation de cours n’est pas ici à l’ordre du jour ! C’est un exercice difficile, mais qui doit absolument être fait pour prétendre au niveau attendu.

 

Que disent les membres du jury ?

« Tout sujet d’exercice devient ipso facto sujet de réflexion personnelle, fût-elle modeste compte tenu du temps imparti. » Rapport du Jury, Sciences-Po Paris, Histoire 2013

 

Emilie Lechevalier, auteure du blog integrersciencespo.net et du livre Je vais vous apprendre à intégrer Sciences Po.

Un livre écrit par une étudiante à Sciences Po pour les candidats. Vous y trouverez :

  • Des trucs & astuces pour vous faciliter la vie et gagner un temps précieux pendant votre préparation.

  • Des conseils pour préparer chaque épreuve avec à l’appuie l’expérience d’admis et les rapports de jury décortiqués.

  • Un programme détaillé pour organiser votre année.

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