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1.1 Etendue et usage de ce cours

Pour commencer, un mot sur le l’étendue de ce cours en ligne, et à qui il s’adresse. 

 

Il s’agit à la base d'une prep à Sciences Po Paris et Sciences Po Bordeaux (qui fonctionnent quasiment pareil : dossier + oral). Mais, il vous sera également utile pour préparer les autres Sciences Po (auxquels on accède par le concours commun, qui est lui constitué d’un écrit avec trois épreuves).

 

@ ceux.celles qui ne préparent que le concours commun : rendez-vous sur notre cours dédié au concours commun. Une fois de temps en temps, on vous renverra faire un chapitre ici (par exemple, celui sur la préparation sur l’actualité, qui est aussi vrai pour le concours commun que pour Paris ou Bordeaux). 

 

@ ceux.celles qui préparent à la fois Paris & Bordeaux, et le concours commun, commencez ici, où on parlera essentiellement de Paris et Bordeaux, et on vous enverra une fois de temps en temps faire un chapitre dans le cours sur le concours commun pour couvrir les différents aspects de l’écrit, par exemple, la méthodologie de la dissert.

 

@ ceux.celles qui ne préparent que Paris et/ou Bordeaux, restez ici, suivez les guides ! 

 

Et enfin, @ ceux.celles qui visent les parcours particuliers genre double-diplômes Paris-quelque chose, ou parcours bilingues espagnol ou allemand à Bordeaux ou Lille, c’est ici que ça se passe aussi, on vous ajoutera des conseils spécifiques régulièrement. 

 

Maintenant, si vous ne comprenez goutte à tout ça, la différence entre Paris et les campus délocalisés, les Sciences Po en région, la différence entre les concours (Paris, Bordeaux, concours commun), on vous explique ça rapidement ici. 

 

Alors, petit point sur les différents Sciences Po et les différents concours.

Très très schématiquement (et assez arbitrairement, on s’en excuse). D’abord, vous avez Sciences Po Paris.

Paris est divisé entre le campus parisien, et ses campus délocalisés, ou vous faites le bachelor. C’est la même maison, c’est le même diplôme à la fin, mais il y a une différence géographique bien sûr, et dans une certaine mesure, une différence de cours. 

Ces campus délocalisés, ont chacun une spécialité géographique et linguistique : Reims pour Europe Amérique du Nord d’une part, et Afrique d’autre part, Poitier monde hispanophone (et lusophone), Le Havre pour l’Asie, Menton pour le Moyen-Orient et la Méditerrannée, Dijon pour europe de l’est, et Nancy pour le franco-allemand et europe. 

 

Spécialité c’est à dire que les cours sont en partie axés sur cette spécificité géographique, ont parfois lieu dans une langue étrangère (vous allez avoir des cours en espagnol à Poitiers), mais vous pouvez apprendre la langue sur place (on apprend l’arabe ou le turc à menton, le chinois au havre) On parlera de la question des langues (et des exigences linguistiques pour rentrer) plus tard.

Onc, c’est des campus délocalisés, mais ils appartiennent à Sciences Po Paris. Vous faites les deux premières années là bas, dans des promos assez petites, puis une troisième année à l’étranger, et vous rentrez à Paris pour le master avec tout le monde. Et le diplôme à la fin est le même pour tous, peu importe où vous avez fait votre bachelor. 

Pour y rentrer, à Paris ou en délocalisé, c’est le concours de Sciences Po Paris. C’est juste que vous demandez Paris ou Reims ou Menton quand vous déposez votre dossier. 

 

Maintenant, les autres Sciences Po. Bordeaux, Lille, Aix, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Lyon, Saint Germain. Ils portent le nom de Sciences Po, mais ce n’est pas la même maison. 

Et il ne faut donc pas les mélanger avec les campus délocalisés de Paris. 

Et on n’y rentre pas par la même porte. 

Bordeaux a son propre concours, qui est à quelques résidus près le même que Paris (dossier + oral) (c’est pourquoi on vous conseille de bien présenter Bordeaux aussi quand vous présentez Paris, c’est un très bon plan B). 

Ensuite, le concours commun pour tous les autres (sauf Grenoble), à base de trois épreuves écrites : histoire, questions contemporaines et langue. 

Et enfin Grenoble, où c’est qu’un dossier. 

 

Quelle différence entre les Sciences Po ? Pour faire bref et arbitraire : ce n’est qu’une question de prestige, pas de qualité de cours. 

Vous avez Paris devant. Pour des raisons historiques, il y a un grand réseau, donc des profs prestigieux, et ils ont beaucoup de moyens. On considère généralement qu’il est suivi de Bordeaux. Et puis les autres, qui sont toutes de très bonnes écoles, avec chacune leurs spécificités: Lille est par exemple réputé pour les ceux qui visent journalisme, Rennes a un tropisme pour les concours de la fonction publique.

 

Mais comparer les IEP n’est pas notre propos aujourd’hui, l’idée était de faire un petit topo sur le découpage entre les écoles et les concours, entre Paris, Paris délocalisés, Bordeaux, et les autres, pour que vous sachiez dans quoi vous mettez les pieds.

 

ps : tout ça se passe sur Parcousup bien sûr, à l’exception de certains double-diplômes de Sciences Po Paris qui se présentent depuis les institutions partenaires (exemple, double diplôme Sciences Po-Columbia, c’est par Columbia qu’il faut passer et non Parcoursup). On vous explique ça ici.

1.2 Introduction à la prep

Avant de se jeter à l’eau, quelques mots pour vous dire qui on est, ce que Sciences Po attend de vous, et en quoi va consister le travail cette année.

Si vous êtes ici c’est que vous avez décidé, dans un mélange de lucidité et de folie (dont on vous laisse déterminer la proportion) de vous attaquer au concours de Sciences Po. Et rien que pour ça félicitations, et bienvenue par ici. 

 

Alors vous allez voir, se préparer à Sciences Po, c’est à double tranchant, c’est à la fois génial, et affreux. D’abord, génial, parce que vous allez progresser -et à plein de niveaux. 

Alors évidemment, intellectuellement. Vous allez apprendre une quantité de trucs. A travers les lectures, les visionnages, vous allez vous frotter à des enjeux économiques, sociaux, politiques, environnementaux, sociétaux, historiques, artistiques, ça va être une vraie bouffée d’oxygène intellectuelle, d’autant plus qu’on va vous encourager à lire des choses qui vous plaisent. Et toutes ces lectures -normalement- vont vous faire réfléchir, ça va vous amener à structurer vos pensées, à mieux raisonner. Vous allez aussi développer un peu, ou un peu plus, votre esprit critique. Bref, vous allez faire des pas intellectuels de géant. 

Ensuite, vous allez progresser méthodologiquement. La méthodo de travail, c’est bête et méchant, mais ça vaut tout l’or du Pérou. Parce qu’il y aura des choses à faire, et il va falloir être efficace pour réussir à faire ça en parallèle de ce que vous faites déjà au lycée. Honnêtement, avec le recul, savoir gérer son temps et son boulot, par exemple savoir enrichir sa culture générale sans se perdre, ou faire des fiches efficacement, c’est un des meilleurs atouts qu’on peut apprendre dans l’absolu. Donc l’apprendre à votre âge, c’est la fête. Ca vous servira pendant toutes vos études, et bien au-delà (amis de la To do list, bienvenus !)

Et puis, vous allez progresser humainement. Vous allez gagner en maturité. Parce que vous allez creuser en vous pour vous connaître un peu mieux, vous allez faire ce travail d’introspection qui vous permettra de dégager les arguments qui vont convaincre le jury. Et plus que vous poser des questions, on va vous apprendre à être autonomes dans votre propre questionnement, ce qui vous sera aussi utile plus tard.

Et puis enfin, vous allez progresser à l’oral : vous allez apprendre à prendre un peu plus l’espace, verbalement, physiquement, vous allez apprendre à raconter une histoire, à défendre vos positions, à gérer le stress, et vous gagnerez à traver tout ça, on l’espère, un peu plus confiance en vous.

Bref, un concours comme ça, ça fait progresser, à tous les niveaux. 

 

Maintenant, il y a un côté moins marrant, et c’est pour ça qu’on disait génial ET affreux. 

Il y aura des moments, où vous aurez des coups de mou, il y aura des moments où vous aurez l’impression de vous noyer dans la masse de choses à faire, ou alors, ça avancera pas, vous suerez sang et eau pour écrire un tout petit paragraphe de rien du tout. 

Et puis évidemment, vous aurez la bonne idée de vous comparer aux autres, du coup vous allez bader, et puis, il va falloir gérer le stress et l’anxiété, qui vont pointer leur vilain museau. Bref, ça sera pas toujours toujours tout rose. Maaiiis ça aussi ça fait partie de l’expérience, et ça fera progresser tout autant, peut-être même plus. 

 

Saint-Exupéry dans Terre des hommes écrit (parenthèse : lisez Terre des hommes), “la terre nous apprend plus sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle”. 

Et oui. On progresse pas, humainement, en lisant des livres. On progresse quand on a une emmerde, une difficulté, obstacle à surmonter, juste, là, devant nous.

 

Sciences Po, c’en est un beau, d’obstacle, et donc, une belle occasion de grandir.

 

Tout ça pour dire. Nous on est là pour vous faire intégrer Sciences Po. Mais on vous le dit d’entrée : que vous l’ayez ou pas, vous allez apprendre tellement de trucs, intellectuellement et humainement, que le jeu en vaut la chandelle, et plutôt 3 fois qu’une.

 

Donc bienvenue par ici les amis, suivez les guides, on parle de Sciences Po.

 

1.3 Qui on est, comment on a construit notre prep

Un mot sur qui on est et sur les ingrédients qu’il a fallu pour construire ce cours (histoire de vous donner confiance)


D’abord, très rapidement, on aimerait vous dire un mot sur qui on est et sur comment on a construit ce cours, sur quoi on s’est appuyé pour en arriver aux conseils qu’on va vous donner. Pourquoi ? Parce qu’on sait que vous travaillerez mieux si vous nous faites confiance, et évidemment, si vous faites confiance à ce qu’on raconte. 

Donc, nos excuses si on passe par un petit argument d’autorité -on vous encouragera dans ce cours à toujours remettre en cause ce qu’on dit et à réfléchir par vous même. Mais on est obligé d’en passer par là de manière très exceptionnelle. 

 

Sur quoi est-ce qu’on s’est basés pour vous raconter ce qu’on vous raconte.

 

D’abord on s’est bien sûr appuyé sur notre expérience personnelle de Sciences Po.

 

Tous ceux qui ont bossé sur ce cours sont passés par Sciences Po Paris. Il y a moi Alexis, 

 

mais il y a Stéphanie, qui est passé par Sciences Po et l’école du Louvre et qui a eu tout un tas de jobs dans la culture et le patrimoine

il y Diane, qui est Sciences Po et ESSEC, puis qui a bougé vers le journalisme.

Il y a Thomas qui a fait Sciences Po, HEC, masters en philosophie

il y a Benoît, qui est Sciences Po et avocat, c’est le juriste de la bande

Il y a Maximilien, qui après Sciences Po a fait prof d’éco, chanteur lyrique et administrateur, 

ou encore Timothée ou Rayan, qui sont passé après Sciences Po par l’ENA ou l’INEt et qui sont administrateurs

...bref, ceux qui ont participé à la création de ce cours, directement ou indirectement, tout un tas de profils très différents. Seul point en commun : sciences po paris.

 

On s’est évidemment appuyé sur notre expérience à l’IEP, mais aussi après.

Par exemple, moi Alexis, avant le repaire, j’ai passé 1 an et demi à interviewer les directeurs de grandes écoles et d’universités sur une chaîne étudiante. Après 4 ou 500 entretiens avec eux, on finit par comprendre ce qu’ils veulent entendre. Et puis autant d’entretiens filmés, en direct, avec des gens qui ont 20 ans de métier de plus que vous, vous apprenez des trucs, par exemple à composer avec le stress. 

ça c’est mon exemple à moi, mais les autres, qui ont été journaliste, chanteur, avocat, ou prof à Sciences Po, ils ont tiré tout un tas de choses de leur expérience. 

C’est ces expériences qu’on va essayer de vous transmettre ici.. 

 

Donc, encore une fois, désolé pour l’argument d’autorité, mais la diversité, et j’ose dire la solidité des parcours de ceux qui ont participé à la construction de ce cours est la base sur laquelle on s’appuie.

 

Deuxième chose sur laquelle on s’est appuyée, dans la lignée de notre expérience, toujours, c’est évidemment notre expérience de jury, que ce soit à Sciences Po, en école de commerce, dans différents concours, ou au repaire. 

Par exemple Stéphanie. En sortant de Sciences-Po, elle a passé un concours, celui de conservateur du patrimoine. Elle a été admissible, elle s’est faite démolir à l’oral par un jury pas commode (ça arrive dans ce genre de concours, pas à Sciences Po rassurez vous), et puis elle l’a refait et elle l’a eu. Du coup elle a eu l’expérience de rater le concours, de le réussir, et puis plus tard, de passer de l’autre côté de la table, en préparant les gens au concours, et en étant jury. 

Tout ça pour vous dire, on a plein de perspectives différentes sur ce concours, et chacun a apporté son grain de sel.

 

Et puis, On a étudié des centaines de dossiers (sans rire hein, on a fait de gigantesques excels avec vos notes, vos expériences, on a fait des courbes, on a vraiment essayé de comprendre ce qui faisait une admission dans la pratique, c’est un travail monstrueux). Disons qu’entre ça, et le bon millier d’entretiens avec vous, on commence à voir des tendances apparaître. 

 

Troisième chose, les jurys officiels de Sciences Po. Quoi de mieux pour savoir ce qu’un jury veut entendre, que d’aller lui demander ? Et alors... c’est ce qu’on a fait. On est allé poser la question à tout un tas de gens différents, de l’administration de Sciences Po qu’on connaissait pas, des profs, des professionnels qui sont membres du jury, et puis les copains qui sont jurys, pour savoir ce que tout ce petit monde attend de vous, officiellement, mais aussi, ce qu’il y a derrière les coulisses, ce qui leur plaît, ce qui leur plaît moins, et on essayé de cartographier tout ça. 

On a aussi suivi de près l’actualité - compliquée - de Sciences-Po ces derniers mois (années) pour savoir si les nouvelles têtes allaient apporter de nouvelles idées, de nouveaux critères.L’arrivée d’une historienne de l’art à la tête de la fondation qui coiffe Sciences-Po (à la tête de la tête, quoi) ça a peut-être changé la donne sur les analyses d’images proposées à l’oral. Et du coup nous on a adapté notre prep pour répondre à ça.

 

Quatrième et dernière chose sur laquelle on s’est appuyés et qui nous a permis de faire ce cours, c’est vous. On a religieusement demandé aux anciens du repaire, ce qui les a aidés, moins aidé, ce qu’ils auraient aimé avoir etc. On est encore largement en contact avec ceux qui sont passé par chez nous et qui sont désormais à Sciences Po - certains bossent même au repaire maintenant - On a largement affiné ce qu’on vous raconte en fonction de vos retours à vous. 

 

Et une fois qu’on a fait tout ça, toute dernière étape, par acquit de conscience, on est allé jeter un œil sur ce qui se faisait ailleurs, dans des prépas privées, pour s’assurer qu’on était pas à côté de nos grolles. Bon globalement, on dit des choses très similaires. On a été très rassurés. 

 

Donc, voilà comment on a construit cette préparation en ligne. On espère qu’elle est solide, (on pense que c’est solide) on espère qu’elle est sympa, et que, en plus de l’admission, vous y apprendrez plein de choses. 

1.4 Comprendre les critères sur lesquels se joue l'admission

Toute première étape dans la préparation à Sciences Po : savoir ce qui est attendu de vous. 

 

L’autre jour, je lisais une phrase dans un bouquin écrit par un RH, qui me paraît relativement résumer l’idée:

 The one who gets hired is not necessarily the one who can do the job best. But the one who knows the most about how getting hired.

 

Traduction adaptée à notre cas : celle ou celui va être admis.e à Sciences Po n’est pas forcément le.la plus fort.e intellectuellement, mais celle ou celui qui a compris sur quels critères on est admis.e.

 

Bon alors la toute première chose. Pour se préparer au mieux à une épreuve, quelle qu’elle soit, il faut d’abord savoir à quel jeu on joue. Très concrètement, il faut savoir ce qu’il faut faire pour gagner. Si vous ne savez pas s’il faut sauter loin, s’il faut sauter haut, ou s’il faut sauter de manière synchronisée, ça risque d’être compliqué pour marquer des points.

Et surtout, vous ne saurez pas comment vous entraîner. Désolé de filer une métaphore aussi nulle mais, un basketteur ne fait pas les mêmes exercices qu’un footeux. L’un s’entraîne pour sauter haut, l’autre à courir des kilomètres pendant 90 minutes avec des accélérations. Et un marathonien c’est encore autre chose. 

 

Il faut savoir la logique derrière les écrits et l’oral de Sciences Po, ce avec quoi le jury vous donne des points, sinon vous allez vous y préparer comme des cornichons. 

 

Pourquoi est-ce qu’on précise ça. Parce que vous pensez encore beaucoup trop souvent que l’oral de Sciences Po pour prendre l’exemple de ce qui vous fait peur, c’est un oral de connaissances. Que le jury vous pose des questions, que vous devez bien répondre -surtout ne jamais dire que vous ne savez pas, on en parlera de ça aussi- et qu’en gros, l’oral, c’est au mieux “Question pour un Champion” et vous continuez si vous avez le bon nombre de points, au pire une sorte d’interrogatoire de la Stasi pour vérifier que vous connaissez le nom de tous les présidents du conseil de la 3e République, le nom du premier ministre bulgare, et si possible, sa position sur l’OTAN. 

 

Le problème, c’est que si on pense ça, on se prépare en fichant les présidents de la IIIème République. Et ça, c’est une connerie.

 

Donc, oubliez ce que vous savez ou ce que vous pensez savoir de ce concours (et de l’oral en particulier), et allons explorer la question de ce que le jury attend de vous, sérieusement. 

 

Ce que la réforme du concours nous dit sur les attendus

 

Donc, il n’y a plus d’écrits au concours de Sciences Po. C’est dossier + oral. 

 

Mais il faut faire un petit détour par les différentes réformes du concours. L’historique du truc. On vous promet, c’est pas pour vous emmerder, c’est juste que regarder d’où est parti Sciences Po en termes de concours, pour en arriver à ce format, ça nous donne l’esprit général de l’école sur la question, et en filigrane, la réponse de ce qu’il faut faire. 

 

Il y a 20 ans encore, il n’y avait QUE des écrits. 4 épreuves. Dont la fameuse culture générale, en 4h, le truc à l’ancienne, vous savez, concours républicain, égalité de tous par la copie anonyme. Egalité tu parles, soit t’es dans un bon lycée, t’as appris à disserter sur tout, et t’as les codes, soit t’y étais pas et tu les a pas. Mais, c’est un autre sujet.

 

Il y a une vingtaine d’années, Sciences Po a compris que ça limitait leur recrutement à certains profils. Du coup, ils ont commencé à changer et diversifier leur processus de sélection. 

 

Je mets une parenthèse, il faut bien comprendre que le choix du processus de sélection, est-ce que vous organisez un oral ou est-ce que vous organisez un QCM de culture G, ou autre chose, ça ne se fait qu’avec un objectif : qui vous voulez recruter ? Si vous voulez recruter des tronches sur madame Bovary et les stoïciens, vous faites une épreuve de culture G. Si vous voulez des gens qui s’intéressent au monde plus concret, l’économie, la politique, vous feriez peut-être une autre épreuve, une épreuve de réflexion sur l’actualité. D’ailleurs ça existe. Si vous voulez recruter des gens avec une bonne écriture, vous leur faites écrire un article. Donc, chaque format d’épreuve n’est que le reflet de ce que l’école recherche. C’est important de comprendre ça, parce qu’il suffit de regarder la nature de l’épreuve du concours pour comprendre très exactement ce que les mecs ils veulent ! Mais revenons à notre réforme du concours.

 

Donc, il y a une quinzaine d’années, premier changement, on ajoute un dossier d’admissibilité et un oral. Histoire de voir un peu si le candidat a autre chose sous le capot que les stoïciens. Et puis, en parallèle de ça, on fait une procédure internationale, pour aller chercher ceux qui parlent des langues, procédure donc, qui n’a pas d’écrit. Interesting. Autre ajout : le recrutement sur “Mention Très Bien”. Concrètement, on examine les dossiers des lycéens qui ont la mention TB et en fonction de leurs résultats scolaires (mais pas que), ils intègrent l’école sans passer le concours. Ca permet notamment à des gens venus de lycées pas super réputés mais qui ont tout donné pour le bac d’intégrer SCiences-Po. Et concrètement ça change un peu des Parisiens. Sans parler des conventions CEP (ou procédure ZEP). Vous voyez, déjà il y a 15 ans, on change le modèle de recrutement traditionnel.

 

Et puis petit à petit, on juge que l’épreuve de culture G, c’est quand même très poussiéreux, que ça barre la route à plein de gens qui auraient le niveau, mais qui ont pas forcément ces codes-là, donc, suppression de la culture G. Ca fait couler beaucoup d’encre, “comment, vous nivelez par le bas” Bon, suppression de la culture G. 

 

En parallèle de ça, même chose pour le concours en master. On réduit le nombre de matières, on change la culture G en épreuve d’ordre général beaucoup plus courte, et puis on passe à une seule épreuve, l’épreuve de synthèse, et on supprime les écrits. Dossier + oral. 

 

Et bien la suite logique de tout ça, ça a été, on fait la même chose en première année, suppression totale des écrits. 

 

Alors évidemment, les gens ont hurlé. 

 

 

 




Haters gonna hate, il y a toujours des gens pour être pas contents quand ça change. En vrai - et c’est notre opinion, on ne vous demande pas d’être d’accord - Sciences Po essaie de s’adapter à la réalité du monde. Recruter des bêtes à concours qui savent disserter sur tout, en citant Hobbes ou Flaubert, c’était bon dans les années 50, mais c’est pas ça dont on a besoin aujourd’hui. Et à Sciences Po ils ont l’intelligence d’avoir compris ça.

 

Et donc, la forme du concours change. Il faut bien voir que les anciennes formes de concours, et les écrits notamment, c’était pas une mauvaise chose. C’’était une forme d’élitisme entre guillemets qui correspondait à une époque. Maintenant, ça a changé. Et il faut le comprendre, parce que ça a de grosses répercussions sur comment on aborde le concours. Et si on vous raconte tout ça, c’est parce que notre job, c’est aussi de déconstruire ce mythe qui est encore en bonne partie perpétué par tout le monde (les profs et les parents notamment, et encore plus par ceux qui n’ont pas été à Sciences Po), il faut être le premier en histoire, il faut connaître super bien la politique, scrogneugneu. C’est pas vrai. On y reviendra.

 

Donc. La première chose que nous dit la réforme du concours : c’est certes encore un concours “élitiste”, mais c’est plus sur des codes à l’ancienne que ça se joue. En clair, Sciences Po vous dit : on ne vous recrute plus sur la culture générale et votre capacité à faire une dissertation. 



En résumé : tirez les conclusions de la réforme du concours. Sciences Po s’ouvre, Sciences Po respire. Sciences Po ne cherche plus des bêtes à concours, et on croit pouvoir dire, c’est une bonne nouvelle pour tout le monde.

 

Alors du coup, qu’est-ce qu’ils cherchent, Sciences Po ? On va voir ça ensemble.

 

Quels sont les attendus de Sciences Po ? 

 

Avant de regarder les critères d’admission, il faut bien avoir en tête ce qu’on disait plus tôt : le format d’une épreuve nous renseigne sur ce qui est attendu. Toujours. 

 

Exemple. Quand vous passez le permis, on ne vous met pas un oral de motivation, pour savoir combien vous êtes passionné.e.s des voitures, non ? On s’en fout, c’est pas le sujet ! On veut juste vérifier que vous allez avoir les bons comportements sur la route. Donc, d’abord on vérifie que vous connaissez bien les panneaux, avec un QCM (coucou à celles.ceux qui passent le code en ce moment). Et puis on vous met au volant et on vous demande d’aller à gauche, à droite, de faire un créneau pour savoir si vous maîtrisez la voiture. Et c’est tout. Et l’épreuve de l’histoire de l’automobile et la dissertation sur le moteur à explosion, on les laisse de côté.

 

Pour Sciences Po, c’est pareil. Si le but c’était d’avoir que des gens super-cultivés qui savent tout, mais les ami.e.s, on testerait ça, avec un bon QCM de culture G bien dodu ! Si le but c’était de tester vos connaissances en Histoire… on vous mettrait un QCM d’Histoire ! 

 

Inversons donc le raisonnement. Si Sciences Po, non seulement ne met pas de QCM de culture G, mais a supprimé, volontairement, leur épreuve de culture générale, peut-être que c’est parce que ce n’est plus ce qu’ils cherchent ? 

 

Est-ce que ça veut dire qu’ils veulent des ignares ? Non plus. Disons : ce n’est plus seulement la culture générale bien classique qu’ils cherchent. Et ça c’est une bonne nouvelle, parce que ça veut dire qu’il y a plein d’autres choses à faire valoir. 

 

Si Sciences-Po a changé ses modes de recrutement, c’est aussi parce qu’ils ont changé d’approche : pourquoi aller chercher des gens qui savent plein de choses, alors qu’on est censés leur apprendre des choses ? Et pourquoi pas plutôt aller chercher des gens qui font plein de trucs, qui sont curieux de tout, qui peuvent apporter aussi beaucoup à l’école, à son image, à leurs camarades, à l’ambiance du campus ? Des gens au profil super varié, qui vont apporter une plus-value en participant en cours et rendre ainsi encore meilleur l’enseignement ?

 

Donc, changement dans les profils qu’on veut recruter, donc, changement dans les attentes, donc, changement dans les épreuves.

 

Ce que cherche Sciences Po : nature des épreuves et critères de notation

 

Essayons donc de comprendre ce que Sciences Po veut voir dans les candidat.e.s. On va partir du plus officiel, ce que dit le site de Sciences Po, au plus officieux, c’est-à-dire, l’interprétation qu’on peut en faire, et ce qui est de l’ordre du non-dit. 

 

Les critères de notation sont assez clairs depuis la réforme du concours. Il y en a 4, qu’ils appellent “épreuves”, même si ce ne sont pas vraiment des épreuves. 

 

(On va très vite là-dessus, on vous renvoie vers la page de Sciences Po Admissions qui parle de ça, qu’on vous conseille de passer au peigne-fin).

 

4 critères donc : 

 

“La performance académique au lycée”

“La moyenne des épreuves écrites du bac”

“Le profil du candidat avec des éléments qualitatifs sur sa motivation et sa progression”

“La performance orale”

 

Et ils vous font même un dessin sur leur site : 

 



Autrement dit :

1. Votre niveau scolaire (1 et 2)

2. Votre profil (3)

et si vous êtes sur ces deux critères, admissibles,

3. L’oral (4)

 

Ces trois axes de notation permettent à Sciences Po de trouver ce qu’ils cherchent.

En fait, ils essaient de mesurer plusieurs choses.

 

D’abord, que vous ayez un certain niveau de rapidité intellectuelle et un certain niveau de connaissances. Il y aurait plusieurs manières de mesurer ça. Pendant longtemps, ça a été les épreuves écrites du concours, maintenant, ils pensent pouvoir juger de ça à travers vos résultats scolaires. Peu ou prou, ça marche tout aussi bien. 

 

Soulignons au passage que passant de leur propre indicateur à l’indicateur Contrôle continu + Bac qui est mesuré par l’éducation nationale, ça renforce d’autant l’importance de vos notes. Avis à celles.ceux qui nous lisent et qui ont devant eux le premier trimestre de terminale. Faites nous un beau trimestre avec de belles notes ! :) On ferme la parenthèse.

 

Donc, critères. 

1. Vos notes (“Performance académique au lycée”)

Ça veut dire ce que ça veut dire, c’est vos notes de seconde & première, début de terminale. “Moyenne des épreuves écrites du Bac”, comme son nom l’indique, c’est les notes du Bac.

Alors Sciences Po en fait peut-être deux indicateurs distincts, mais nous on regroupe les deux. Donc, niveau scolaire, sachant que ça veut dire contrôle continu + Bac. 

 

Et évidemment, Sciences Po sait adapter en fonction de votre lycée de provenance, ne vous inquiétez pas.

 

Quelles notes faut-il avoir ? (on vous voit venir, avec vos gros sabots)

 

On y reviendra dans la suite du cours, mais, juste, pour rassurer les flippé.e.s, il n’y a pas que les gens qui ont 19 qui passent. Ça aide bien sûr, mais il n’y a pas que ça. On a aussi moins, mais il faudra autre chose pour compenser. 

A noter qu’ils vont aussi regarder votre progression scolaire, ou les commentaires dans vos bulletins. Evidemment que “élève modèle” ou “s’est vraiment réveillé en terminale” nous intéresse.

 

2. Votre profil

I.e., qui vous êtes de manière générale. C’est tout un tas de choses qu’on essaie de mesurer ...de la manière la plus... scientifique possible. C’est votre parcours, vos activités, vos intérêts intellectuels, vos lectures, vos envies, vos projets, vos motivations, votre personnalité, votre engagement, bref, ce qui fait que vous êtes vous. Et ce que ce “vous” peut apporter à l’école, évidemment. Ça va être le pendant des notes, beaucoup plus impersonnelles, et donc la partie plus “humaine” de l’admission. C’est ce qu’on mesure avec les écrits personnels.

 

3. Votre performance orale (si vous passez le cap des deux premiers critères)

En fait, on va mesurer les mêmes choses, mais en vrai, en discutant avec vous. Est-ce que vos bons résultats sont juste de la façade ou est-ce que vous savez vraiment réfléchir sur un sujet, et sortir les connaissances qui vont avec ? Et pareil pour le profil, est-ce que ce sont de beaux écrits personnels faits avec l’aide de vos parents, ou est-ce que ça vient de vous, et laisse entrevoir combien vous êtes matures, préparé.e.s, et en phase avec l’école ? 

 

Et du coup, vous allez avoir deux personnes qui vont lire votre dossier, et deux personnes qui vont vous écouter à l’oral, ce qui nous donne au moins 4 avis sur vous. 

 

Voilà pour la nature des épreuves. Regardons maintenant un peu ce que Sciences Po dit attendre de vous, tout aussi officiellement, puis on essaiera d’interpréter tout ça, ce qui nous permettra d’empoigner la prep par le bon bout.

 

Ce que cherche Sciences Po : ce qu’ils en disent eux-mêmes

 

Sciences Po s’est donné la peine, cette année, de spécifier sur son site ce qu’ils attendaient d’un.e candidat.e. Regardons ça. 

Bon alors, quelles sont les règles du jeu officielles. Allons voir sur le site de Sciences Po pour voir ce que eux disent attendre de vous. 

 

Alors, on regarde d’un peu plus près ces critères et on se risque sur une interprétation un peu grossière. En fait, on va regrouper leurs critères par petits groupes, qu’on y voie plus clair. 

 

1) Forte motivation pour les sciences humaines et sociales, Goût pour la pluridisciplinarité, Connaître le projet éducatif de Sciences Po

 

Sciences Po cherche des gens qui aiment vraiment les matières qui y sont enseignées. Et on va essayer de mesurer si vous êtes juste un bon élève qui apprend bien ses cours, ou est-ce que vous êtes quelqu’un qui va chercher, qui va lire, écouter, regarder des trucs qui l’intéresse ?

Donc, le premier critère, c’est de voir un vrai intérêt pour les sciences sociales, puisque c’est de ça qu’on parle. On va essayer d’entrevoir, dans vos écrits et à l’oral, votre monde intellectuel, les sujets auxquels vous vous intéressez, comment vous vous y intéressez, etc. 

Deuxième truc, directement lié, c’est votre connaissance de Sciences Po. On attend de vous que vous ayez mis votre nez dans les cours, dans les conférences, les cursus, les asso, les profs et les livres, peut-être même, bref. 

Votre connaissance (ou méconnaissance) de l’école est une manière pour le jury de vérifier votre motivation. Et alors, cette année, ils sont gentils, ils vous le disent noir sur blanc, au cas où vous ne l’auriez pas compris par vous-mêmes. C’est quand même sympa. 

 

Deuxième grand critère : 

 

2) S’intéresser à l’actualité française et internationale et aux enjeux contemporains. Et faire preuve de curiosité intellectuelle. On ajoutera, mobiliser et mettre en relation des connaissances pertinentes. 

 

Traduction. On veut des gens curieux, des gens qui veulent comprendre le monde qui les entoure. Qui s’intéressent à plein de choses. L’actualité, c’est le truc le plus évident, dans ce domaine, mais c’est une partie de ça. Donc on va pas mesurer votre connaissance de l’actu avec un QCM, on va essayer, à travers vos écrits et l’oral, de voir combien et comment vous vous ouvrez sur le monde qui vous entoure. 

La curiosité de tout, c’est le grand truc que cherche Sciences Po chez un candidat. Vous êtes pas curieux, laissez tomber. Et si vous êtes un peu curieux, mais pas plus que ça, c’est dur. 

Et du coup, vos connaissances ne sont pas intéressantes en tant que telles, mais en tant que ce qu’elles disent de votre curiosité. Si vous visez Reims, par exemple, Europe-Amérique du nord, et que vous ne savez pas qui est le secrétaire d’Etat américain, états unien, je devrais dire, c’est pas le fait de ne pas savoir son nom qui va vous coûter cher, mais le fait qu’on va en déduire que vous êtes pas curieux. Vous ne pouvez ne savoir un truc comme ça si vous vous intéressez à l’Amérique du nord et lisez régulièrement les journaux ! Vous comprenez ? Si vous ne savez pas qui est le secrétaire d’Etat US, j’en déduis que vous lisez pas les journaux, ou pas assez sérieusement. Mais on reparlera de ça.

 

Vous observerez au passage la proximité entre ce deuxième critère et le premier. Votre curiosité pour le monde qui vous entoure, et votre intérêt pour les sciences sociales, c’est quand même très cousin quoi.

 

3) Capacité à développer une réflexion personnelle, et faire preuve d’esprit critique 

 

Troisième chose qu’on cherche : des gens qui essaient de réfléchir, et si possible par eux-mêmes. ça prend la forme de l’esprit critique, votre capacité à remettre en cause, ou la forme du raisonnement logique, votre capacité à articuler des idées entre elles.

Ni pour le premier ni pour le deuxième on attend que vous sachiez le faire parfaitement. On attend de vous des réflexes, un potentiel dans ce domaine. 

Ajoutons que cette capacité critique et capacité de réflexion ne se limitent pas à votre monde intellectuel. ça peut tout autant s’appliquer à votre monde personnel. 

Est-ce que vous vous posez des questions, sur vous, sur le monde, est-ce que vous vous connaissez un peu, est-ce que vous savez tirer des enseignements sur les étapes de votre vie ? 

En clair, on recherche une maturité intellectuelle, mais aussi humaine.

 

Ajoutons que Sciences Po ne parle pas de “niveau de connaissances” mais de “capacité à mettre en relation des connaissances pertinentes”. Ce qui n’est pas pareil. 

On cherche pas à tester si vous savez plein de choses, encore que ça puisse aider, on cherche à voir si vous savez utiliser le peu que vous avez pour faire un argument logique ? C’est beaucoup plus intéressant pour nous. Mais ça aussi on y reviendra.

 

4) Démontrer leur engagement et leur esprit d’équipe. 

 

Quatrième grande famille de choses que Sciences Po cherche : des gens qui sont engagés. Qui veulent agir sur le monde qui les entoure. Et qui se bougent. 

Chacun à sa manière, ne commencez pas à paniquer parce que vous êtes pas dans 36 associations, ça peut simplement être un engagement intellectuel. Mais au moins, vous avez une envie de vous investir, faire bouger les lignes, vous avez un feu en vous, même petit. Mais vous avez pas juste comme objectif d’aller faire du marketing pour gagner assez de sous pour faire de belles vacances. Qu’on se comprenne, on a rien contre le marketing, rien contre les sous, et encore moins contre les vacances. On veut juste des gens qui ont… ce machin, cette soif d’agir, ou au moins, de l’énergie, une envie, bref, vous n’attendez pas que ça vous tombe tout cuit dans le gosier quoi.

Pour ce qui est de l’esprit d’équipe, c’est très cousin. On attend de vous cette maturité humaine qui permet de comprendre qu’on ne peut rien faire seul, et que le travail collectif est un essentiel dans un parcours comme le votre. 

 

Et puis enfin, les quelques trucs un peu plus bateau. Qualité d’écoute, oui, qualité de l’expression écrite et orale, très important, l’anglais, pour nous c’est une formalité, et pour ce qui est du goût pour l’innovation, bon, si on est honnêtes, comme diraient certains, c’est de la poudre de perlimpinpin. 

 

Et, tout ça, nous en tant que jury, on va le voir, en partie dans votre dossier, et en partie à l’oral. 

Et le job de votre préparation, et c’est là où nous on est là pour vous aider, c’est de leur montrer par A + B que vous êtes curieux, ouverts, engagés, matures etc etc etc. (Et on vous prévient tout de suite, ça ne passe pas par des fiches sur les stoïciens). 

 

Petite parenthèse très brève sur une question directement liée et que vous vous posez souvent, et qu’on traitera plus tard, qui est la question du “profil Sciences Po”. Est-ce qu’il y a un profil Sciences Po ?

 

Alors non, mais un touuut petit peu quand même. 

Non parce que Sciences Po ne veut pas des petits robots qui jouent à être Sciences Po, ils veulent vous voir vous, vraiment, comme vous êtes.

Oui dans le sens ou certaines qualités sont quand même attendues. Par exemple, la curiosité pour le monde qui vous entoure, on en parlait, si vous n’avez pas ça, ça va pas bien se passer. Donc, le jury veut voir un mélange entre une personnalité et des attendus. Mais les attendus, pour nous, sont tellement évidents que ça constitue pas un “profil” Sciences Po à proprement parler. Faut pas déconner. Si vous n’êtes pas curieux, si vous regardez l’actu vite fait, mais qu’en vrai ça vous intéresse pas, ne venez pas à Sciences Po quoi. 

Demandez vous aussi dans ce cas “pourquoi Sciences Po plutôt qu’autre chose”. Si votre kiff absolu c’est de lire Shakespeare dans le texte ou de regarder un précipité chimique dans une éprouvette, alors vous aurez peut-être intérêt à aller regarder vers d’autres formations...

Mais on reviendra sur cette question plus tard. En tout cas, pour vous rassurer, si vous aimez lire et regarder plein de choses, que vous lisez la presse avec intérêt, que vous aimez bien tout ce qui gravite autour des sciences sociales, l’histoire, l’économie, la politique, si vous avez envie de vous mêler d’une manière ou d’une autre, de l’ordre du monde… vous avez le profil Sciences Po.

 

Pour celles.ceux qui aiment la poudre de perlimpinpin, ce petit joyaux des internets, des fois que vous fassiez partie des quelques malheureux.ses qui ne connaissaient pas encore.

 

Maintenant qu’on a un peu plus compris ce que Sciences Po attendait de vous, on vous dit rapidement comment on va s’y préparer. 

1.5 Comment se préparer : l'approche du Repaire

Maintenant, concrètement, comment on va organiser notre préparation (et ce cours donc) ?

En fait, on va être très pragmatique. D’abord, première partie de l’année, on s’occupe de l’admissibilité. Puis, au printemps, une fois passé Parcoursup, on s’occupe de l’admission.

 

Première partie d’année, on va faire globalement trois choses : 1) on va commencer à se préparer sur le fond, acquérir les connaissances et les réflexes intellectuels qui vont faire qu’on a des choses et si possible intelligentes à raconter à l’oral. Au programme : actualité, culture g, esprit critique, esprit de synthèse. 2) on va s’entraîner à l’analyse d’image, parce que c’est pas un truc qui se prépare en 3 semaines avant un oral, et 3) on va s’occuper du dossier. Introspection, recherches sur l’école, mise en forme des écrits personnels, c’est à dire, la structure, puis la rédaction.

 

Deuxième partie de l’année, on va s’occuper de l’oral. On va continuer le travail de fond bien sûr -ça ne s’arrête jamais- tout en acquérant les techniques pour l’entretien : on va continuer sur l’analyse d’image -autant la première de l’année, on se concentre sur le développement de l’esprit de synthèse et l’esprit critique pour voir et rendre l’essentiel, autant la deuxième partie, on va se pencher sur la forme de l’exercice, en clair, le faire à balles réelles. Première chose, analyse d’image, mais tout le reste de l’oral. Présentation en 2 minutes, qu’on peut être amené à faire, comment prévoir les questions évidentes, comment répondre aux questions de réflexion. La base. Et puis on explorera des choses un peu plus avancées, par exemple comment tendre des perches au jury pour qu’il aille nous chercher sur les sujets où on est à l’aise, comment placer efficacement une anecdote dans son discours, le fameux storytelling, et puis on travaillera aussi sur l’émotionnel, comment avoir une énergie qui donne envie au jury, ou encore, comment gérer le stress et l’anxiété.

 

Donc voilà, très très globalement, les 2 grandes étapes par lesquelles on vous fera passer. 

 

Travail & investissement

 

Maintenant, le travail, c’est vous qui allez le faire. Disons un tout petit mot sur le travail qu’implique la préparation.

D’abord, on préfère ne pas parler de travail, parce que “travail”, tout de suite, ça alourdit le truc. A la base, le mot travail vient du latin “tripalium”, qui était un instrument de torture. En grec, même chose, le travail se dit “douleia”, qui vient de “douleia”, qui veut dire esclavage. Bonjour l’ambiance.

Sauf que vous, contrairement aux gens qui passent l’agrégation ou des concours lourds, avec des programmes indigestes, des trucs qu’on a pas choisis et qu’il faut pourtant connaître sur le bout des doigts, vous vous avez un luxe incroyable, qui est que votre travail va consister à faire des trucs qui vous bottent : lire sur des sujets qui vous intéressent, développer votre esprit critique, réfléchir sur vous-même et vos projets, faire des recherches sur l’école. Normalement des choses dans lesquelles on peut mettre du temps de façon plutôt agréable. Alors oui, il y aura des éléments moins amusants comme la rédaction des écrits personnels ou la préparation de l’argumentaire de l’oral, mais globalement, le gros du “travail” est quand même assez plaisant. Donc, on fait le choix de ne pas parler de travail mais de temps passé et d’investissement. 

 

Une fois qu’on a dit ça. Le temps que vous allez consacrer à la prep, c’est votre meilleure chance de réussir. Ceux qui vont être admis, c’est pas seulement ceux qui ont les meilleurs résultats scolaires, ceux qui sont les plus rapides dans la tête, ceux qui ont la plus grande culture ni même ceux qui sont le plus à l’aise à l’oral. Il va falloir nous croire sur ce coup là. Déso, encore un petit argument d’autorité. Ceux qui vont gagner, ça sera ceux qui sont le mieux (et le plus souvent, le plus) préparés et entraînés. 

La richesse, la fluidité, l’intérêt de la discussion que vous aurez avec le jury dépend essentiellement du temps de préparation et d’entraînement. Avoir des connaissances sur le monde qui vous entoure, mener une réflexion structurée, et intelligente, se connaître, connaître Sciences Po, et même, être soi-même à l’oral, c’est pas quelque chose qui s’invente sur le pouce. C’est juste du temps de prep.

 

Là dessus, je citerai volontier notre ami Arnold Schwarzenegger (que vous verrez souvent réapparaître dans mon propos, je l’aime d’amour vrai) avec son accent autrichien “you can’t climb the ladder of success with your hands in your pockets”. 

 

Voilà, ça c’était pour la minute motivation école de commerce. Sérieusement. Nous on vous fournit la boussole qui vous permet de savoir où vous allez, mais c’est vous qui marchez. 

 

Comment se préparer, l’approche du repaire (sur la forme)

 

Très concrètement, quelle forme prend la prep ? 

C’est simple. Dans ce cours en ligne, vous avez plusieurs chapitres, qui traitent chacun d’un aspect de votre préparation, de la manière la plus complète possible. Dans chaque chapitre vous aurez des écrits, des vidéos, bref, des explications, et le plus d’exemple qu’on peut sans rendre le truc indigeste, et parfois des exercices qui vont avec. 

 

On a pensé cette prep pour être la plus efficace possible, c’est à dire, vous donner le maximum possible  pour comprendre les mécanismes de l’admission, tout en faisant le plus synthétique possible, parce que votre temps est limité. 

Du coup, on vous conseille de suivre le parcours. Evidemment, vous vous êtes tentés d’aller direct vers les chapitres qui parlent des choses qui vous posent problème -culture g, écrits personnels, et oral. Vous pouvez bien sûr faire ça, surtout si vous êtes pris par le temps du fait d’une découverte tardive du repaire, mais on vous conseille quand même de suivre le fil, quitte à passer rapidement sur ce qui vous paraît évident. 

 

En parallèle de nos explications, on a imaginé des exercices pour vous faire mettre les mains dans le cambouis, et vous faire avancer concrètement, pas juste dans la tête. 

Là aussi, on vous encourage à faire le fil des exercices, mais n’hésitez pas à adapter. Si certains vous aident vraiment, approfondissez, si certains vous parlent moins, raccourcissez, faites votre version à vous. Les exercices, il faut vraiment les voir comme un cadre de référence pour votre pratique à vous. Donc, inspirez-vous en, appuyez-vous dessus, mais n’hésitez pas à les adapter, et les dépasser, et faire votre tambouille.

 

Notre pédagogie & notre liberté de ton

 

Un mot sur notre “philosophie de préparation”, si vous nous permettez ce gros mot, si vous voulez on peut parler de pédagogie, mais disons, notre manière de vous transmettre des choses. On annonce la couleur dès le début, on n’a pas une approche scolaire à ce concours. (D’ailleurs il n’y a pas grand chose sur quoi on a une approche scolaire.) 

 

Notre angle, que ce soit pour le travail de fond, pour acquérir des connaissances, ou pour la préparation à l’oral, c’est de s’appuyer sur qui vous êtes vous. Alors bien sûr, dans un concours comme celui-là, il y a des codes à respecter, il y a des choses qui marchent mieux que d’autres, objectivement il y a certaines choses qu'il vaut mieux faire, on les verra ensemble, mais au final, ce qui va vous faire réussir, c’est d’être -le plus possible- comme vous êtes vraiment. 

C’est pas pour des prunes qu’ils ont réformé le concours, en supprimant des épreuves écrites très académiques pour remplacer par un dossier qui parle de vous et de votre monde intellectuel.

 

Notre approche à la prep à Sciences Po, elle découle de cette volonté de Sciences Po de vous voir tels que vous êtes. A l’oral, il vaut 1000 fois mieux citer Jacques Brel, ou Orelsan, si c’est ça qui vous parle vraiment, qui dit quelque chose de vous, plutôt que de faire un sketch pas crédible sur votre amour de madame Bovary. 

 

Je vous donne une exemple. La chanson “Jaurès” de Jacques Brel, qui parle de la condition ouvrière, fin 19e, début 20e. Je vais vous en dire un morceau, vous allez comprendre pourquoi. “Ils étaient usés à 15 ans, ils finissaient en débutant, les 12 mois s’appelaient décembre. Quelle vie ont eu nos grands parents, entre l’absynthe et les grand messes,  ils étaient vieux avant que d’être, 15 heures par jour, le corps en laisse”. Il décrit tellement bien, le truc. Et au refrain, il parle de Jaurès, qui défendait bec et ongle les ouvriers. A la fin de la chanson  “Demandez-vous belle jeunesse, le temps de l’ombre d’un souvenir, le temps du souffle d’un soupir, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?” Pour moi, c’est une chanson, qui me file la chair de poule à chaque fois.

Vous vous rendez compte des points que vous pouvez marquer en évoquant ça ? Un vrai morceau de vous. Un vrai morceau de culture. C’est pas Brel qui vous fait marquer des points, le jury s’en fout de Brel. Ce qui fait marquer des points, c’est, cette énergie parce que vous parlez de quelque chose qui vous plaît, ou qui vous touche ou qui vous appartient. 

 

Maintenant. Vous croyez que je fais des fiches pour retenir ça ? Vous allez pas bien ! Je la connais parce que j’adore Brel ! Et bien vous vous allez faire pareil. Et dans notre préparation, on va essayer de s’appuyer sur les trucs qui vous parlent vous. Si vous aimez Brel, et bien, vous partirez de Brel. Et peut être que vous lirez un truc sur cette chanson là. Et puis peut-être que vous aurez envie d’en savoir plus sur Jaurès. Et vous lirez Le grand Jaurès, de Max Gallo. Et puis le Jaurès de Riou. Et si vous êtes malins, à l’oral, vous direz quelque chose comme. J’aime beaucoup l’histoire, en particulier le19e siècle, je me suis dernièrement pas mal penché sur la condition ouvrière et Jaurès en particulier, je pense d’ailleurs qu’on y trouve beaucoup d’explications pour comprendre un certain nombre de phénomène sociaux, par exemple gilets jaunes. Et hop, vous êtes sur votre terrain, avec une énergie que vous n’auriez jamais eu si vous étiez sur des trucs classiques dont vous pensez qu’il faut les connaître. 

 

Même chose si votre truc c’est plutôt Orelsan que Brel. Allez, je prends l’autre côté. Vous écoutez en boucle “L’odeur de l’essence” d’Orelsan. Alors allez-y à fond. “On va tomber comme les Mongols, Comme les Égyptiens, comme les Romains, comme les Mayas, comme les Grecs”. Ok. Partez de là. Creusez le sujet. Lisez Comment tout peut s'effondrer. Petit Manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes de Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Et dites au jury que vous trouvez le bouquin inspirant, éclairant, trop critique, décalé, déprimant (rayez la mention inutile) que vous avez trouvé tel aspect bien mais tel autre un peu exagéré. 

Ecoutez le podcast d’Arte radio “Vivons heureux avant la fin du monde”, qui est trop bien, au passage, Reliez ça avec votre expérience perso et le projet que vous avez monté au lycée pour composter les restes alimentaires avec votre association ou le conseil de vie lycéenne. Et montrez au jury que vous êtes engagé, que vous avez de l’énergie. 

Mais, partez des trucs qui vous intéressent.

 

Vous. Votre monde. Et c’est à partir de là, que vous montrerez votre culture, votre ouverture sur le monde. Pas en faisant une fiche sur un truc qui vous intéresse pas. (Maintenant si vous aimez Flaubert, ça sera madame Bovary). Une chose est certaine : les jurys ça fait des années qu’ils font ça et si vous dites des choses ou avez des références qui vous correspondent pas, ils verront à travers vous comme si vos parents étaient vitriers. 

Donc voilà par où on empoigne la prep. 

Donc, pour les écrits personnels comme pour l’oral, on va partir de vous, de votre vie à vous, de vos intérêts à vous, de votre manière d’être à vous, pour en faire quelque chose qui montre bien qui vous êtes. Et c’est comme ça que vous convaincrez le jury. 

 

Bon. ça c’est pour notre approche.

 

Un dernier mot peut-être sur notre liberté de ton. Comme vous avez peut-être remarqué, on a une tendance à être assez relax sur le vocabulaire, si quelque chose est une connerie, on vous dit, c’est une connerie, moi-même j’ai une tendance à parler comme un charretier, c’est un choix. 

Rassurez-vous, on a appris comme tout bon sciences po à parler comme des pingouins. 

 

“Il va sans dire que dans un premier temps, il convient de nous interroger sur les fondamentaux de la candidature, dont les écrits personnels est un élément majeur.”

Et Inévitablement, je me retrouve à parler comme Jacques Chirac. Je serai le président de tout les français. 

 

Ce ton là, on sait faire. C’est juste que c’est chiant comme la pluie, et on a pas l’intention de crever avant l’âge. Donc, on choisit de vous parler nor-mal-ment.

Maintenant n’allez pas croire que parce que on est relax sur la forme, qu’on va être relax sur le fond. Sur le fond, on sera structurés, on sera exigeants, et une des philosophies de base pour le repaire, c’est si on prépare un concours, on y va pour gagner. Donc on ne laisse rien au hasard, et on vous le répétera assez, c’est l’investissement, et l’entraînement encore et encore, qui vous fera gagner. 

C’est juste que, c’est pas parce qu’on prend un concours au sérieux, qu’on doit forcément s’y préparer dans une ambiance de pisse vinaigre.

 

Donc, joie, bonne humeur sur la forme, exigence sur le fond.

 

PS : pour ceux qui aiment ce genre de références, l’allocution du président Chirac, le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle en 1995, à l’Hôtel de Ville.

Et le remix samba, perle des internets. 

1.6 Avant de commencer

Avant de commencer, 3 conseils, très tartes, mais très nécessaires :  

- remettez en cause ce qu’on vous dira

- croyez en vous et en vos capacités à y arriver 

- soyez qui vous êtes vraiment

 

Il y a deux règles au repaire. La première c’est le tutoiement. La deuxième c’est de remettre en cause tout ce qu’on dit. Passez tout ce que vous lirez ici ou entendrez de notre bouche par le filtre de l’esprit critique. Pour plusieurs raisons, qui sont chacune suffisante seule.

 

D’abord, parce que malgré notre expérience dans ce domaine, on n’est pas encore, contrairement au pape, infaillibles. On a nos biais, on a nos angles morts, et on peut avoir des oublis, ou même se tromper, en toute bonne foi !

 

Ensuite, parce que vous êtes tous différents, et que par définition, dans la logique qui est la nôtre, de vous encourager à faire à votre manière, les conseils ne peuvent pas s’appliquer de manière uniforme. Donc, à charge pour vous d’adapter, d’en extraire ce que vous jugerez bon pour vous, et laisser le reste. 

Par exemple, à propos de l’oral, si le jury vous invite à vous présenter 2 min, on vous conseille de pas trop trop dépasser les 2-3 minutes. Mais,on a vu des présentation en 4-5 minutes se passer très bien, et moi Alexis j’ai fait 8 ou 9 minutes, et tenez-vous bien, je suis passé. C’est juste que les mecs du jury, à un moment m’ont coupé et m’ont dit stop stop stop, on va vous poser des questions. Bon, moi j’y suis allé à la logique, et je me suis dit, le plus ma prez dure, le plus j’ai la main sur ce qui se dit, donc je me suis lâché. Si c’était à refaire je ne le referai pas, mais cet exemple pour dire : nous on vous conseille 2-3 minutes, mais c’est pas une règle absolue. Et si vous le sentez de faire 5 min et pas 3, surtout, on vous encourage à le faire. Juste, si vous faites 5, débrouillez-vous pour être spécialement synthétique, et ne pas faire un truc chiant. Nous on sera là pour vous le dire si c’est le cas. Tout ça pour dire : partez des conseils qu’on vous donne, mais adaptez en fonction de ce qui sonne juste pour vous.

 

Enfin, troisième raison de remettre en cause, vous êtes plus des enfants. On commence à attendre de vous une certaine autonomie dans la réflexion. Vous visez Sciences Po, il paraît que c’est une école attachée à l’esprit critique, quelle meilleure occasion que la préparation à ce concours pour exercer vos réflexes de remise en cause de l’autorité ? Et donc, après avoir emmerdé vos parents, quelle meilleure cible que nous pour appliquer vos réflexes critiques ?

 

Blague à part, on vous le dira en long en large, en travers et en oblique : remettez en cause ce qu’on vous dit. Nous on va vous donner une structure de prep, des axes de travail, des conseils, des exercices, et on a pensé tout ça avec l’idée que ça vous aide le plus possible. Mais à vous de les adapter.

 

Règle absolue du repaire : prenez ce qui vous aide, discutez -et/ou jetez- le reste.

 

Croyez en vous 

 

Un certain nombre d’entre vous, doute de sa capacité à y arriver. Pour plein de raisons. Certains parce vous vous sentez pas légitimes. Vous sentez bien l’envie, mais c’est pas le genre de parcours qu’on a chez vous, vous êtes dans un “petit” lycée (le nombre de fois où on entend ça, ça nous rend oufs, “je suis dans un petit lycée”), bref, vous vous sentez pas légitimes. Ou alors pas à la hauteur de l’école.

Pour d’autres, vous vous sentez à peu près légitimes, mais c’est le concours qui vous fait flipper. Vous avez peur de ne pas avoir assez de culture générale, ou alors vous êtes pas synthétiques du tout, ou encore, vous vous sentez seuls face à la masse de travail. 

Mention spéciale pour les filles, qui avez cette foutue tendance à avoir moins confiance en vous que les gars, et ça commence à nous courir sur le haricot. Parce que vous êtes aussi brillantes qu’eux, et que le monde a besoin de vous. On sait que tout un tas de choses dans votre parcours font que vous prenez moins l’espace que les gars, mais on sera aussi là pour vous dire : non. Vous prenez l’espace. On a besoin de vous.

 

Donc, la plupart d’entre vous ont des doutes, parfois même des freins dans la tête, et se disent, oui j’ai envie, mais j’ai peur de pas y arriver. ça porte un nom, ça s’appelle le syndrôme de l’imposteur. On y reviendra à ce truc, parce qu’on est nombreux, dans la galaxie des Sciences Po, à se laisser titiller par cette sale bête.

Et évidemment, à ces doutes vient s’ajouter souvent  l’argument du : si c’est pour pas l’avoir, c’est quand même beaucoup d’efforts perdus. 

 

A vous tous qui avez des doutes, on dit. C’est normal. Mais allez-y. Si vous êtes là, en train de m’écouter causer, c’est que l’idée de Sciences Po vous tourne autour (on n’arrive pas jusqu’ici par hasard). Ecoutez ce truc là en vous.

 

Et oui, ce concours fait peur. Ouais. Et le principe même du courage, c’est d’avoir peur de quelque chose, et de le faire quand même. …. Vous avez peut-être l’impression d’être pas du tout à la hauteur, mais, vous seriez surpris de voir ce qu’on est capable de faire en quelques mois. 

 

Pour ce qui est de la question de la peur de le rater, on résumera notre position en un mot : mieux vaut une déception que les regrets. La déception, ça se digère. L’égo en sort un peu cabossé, mais on apprend. 

Les regrets, ça ronge. 

On peut aussi citer Mandela (c’est toujours un peu compliqué de citer Mandela, mais aujourd’hui, on fait une exception.) : “Je n’échoue jamais, soit je réussis, soit j’apprends.” Un échec à Sciences-Po, c’est formateur. C’est une bonne chose. 

 

Foncez donc, on a envie de dire, peu importe le résultat. 


Et comme on va passer notre vie à vous dire : “donnez-nous des exemples, illustrez votre propos”, C’est ce qu’on va faire, on va vous donner un exemple. Bien visuel. 

 

La prep du repaire, à l’origine, c’était ça.

 

 

Un bureau, une chemise pas repassée, et c’est parti. Pas ouf, mais c’était un début. Il fallait bien commencer quelque part.

Et puis on a fait ça.

Pas fantasmagorique non plus, mais au moins, la chemise était repassée, et le gars coiffé.

 

Alors on s’est retroussé les manches, et on a fait ça : 

 

On est encore loin du compte, mais disons que c’est un peu plus sérieux.

 

C’est normal de partir d’un truc pas ouf. 

Nous, quand on a commencé à penser à notre prep, sur le fond, on savait à peu près quoi raconter. Et quand on a eu l’idée d’en faire un cours en ligne, niveau décors, lumière, caméras, on était largués. C’est pas notre métier ! Oui ben ça a pris du temps, de l’investissement, mais on est arrivé à quelque chose qu’on considère comme présentable. 

 

Vous, ça sera pareil. Vous avez l’impression de partir de loin, et c’est pas grave. On vous l’a dit, et vous le dit une deuxième fois, vous serez surpris de voir ce qu’on peut faire en quelques mois :)



Etre soi-même

 

Dernière chose. A Sciences Po, on l’a dit, ils ne veulent pas savoir si vous savez ci ou ça, mais pourquoi vous vous êtes intéressé au sujet. Ils ne veulent pas que vous ayez telle ou telle opinion, mais veulent savoir pourquoi vous raisonnez comme ça. Ils ne veulent pas que vous soyez ci ou ça. Ils veulent vous voir tels que vous êtes. Avec vos connaissances, vos intérêts, vos envies, vos forces, et vos manques, et vos côtés nuls. 

 

Il n’y a qu’une manière de convaincre un jury : c’est d’être soi-même. Le corollaire, qu’on oublie toujours de préciser quand on parle d’être soi-même, c’est qu’être soi-même ne se trouve pas sous un fer à cheval, et que ça demande du boulot. 

 

Voilà pourquoi on est là. On a essayé de faire un cours qui vous aide à faire ça, assez structuré et concret pour que vous sachiez exactement quoi faire pour vous préparer, mais assez ouvert pour vous laisser l’espace d’être qui vous êtes et de faire à votre sauce à vous. 

 

L’un dans l’autre, ne prenez pas cette prep seulement comme un moyen pour obtenir votre admission. Bien sûr, il y a un but derrière, et on ne l’oublie pas. Mais...vous êtes prêt pour un gros cliché ? Allez. C’est le chemin qui compte. Ce que vous allez apprendre pendant que vous vous préparez est au moins aussi important que l’admission elle-même. Et c’est aussi, en fonction de ça, qu’on a taillé notre prep. 

Premier objectif, vous faire admettre dans l’école. Deuxième objectif, que le chemin pour le faire soit, humainement parlant, le plus intéressant et le plus formateur possible. 

 

Et c’est ce qu’on a essayé de faire. 

 

Allez, assez bavassé, en selle Marcel, ce concours, il ne va pas se préparer tout seul.

 

A propos de confiance en soi, vous savez ce que c’est que le syndrôme de l’imposteur ? C’est cette croyance que les gens vont bien se rendre compte à un moment, que vous n’êtes pas si X ou Y que ce qu’ils croient. Que certes vous parlez telle langue, mais ils vont bien percuter un jour que vous ne parlez pas si bien que ça. Que certes vous avez eu des bonnes notes cette année, mais c’est parce que vous avez eu de la chance dans les sujets, et que ça se verra à un moment, que vous n’êtes pas si intelligent.e.

C’est un truc très répandu, le syndrôme de l’imposteur Et se rendre compte du fait qu’on est pas le.la seul.e à avoir ça, c’est comme Synthol, ça fait du bien là où ça fait mal. 

 

En guise de Synthol, cet épisode du podcast “Emotions”, sur le syndrôme de l’imposteur. Dans ce podcast, les épisodes sur la confiance en soi ou le trac peuvent aussi vous servir. En gros, on y apprend que c’est normal, que ça arrive à plein de gens très bien. Et, scoop, que ces gens très biens, quand ils arrivent à passer au-delà du fameux syndrôme de l’imposteur, ils réussissent ce qu’ils entreprennent, souvent mieux que ceux qui doutent jamais… Avis aux intéressé.e.s :)

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